Après le succès de son Vagabond à rien que l’auteur a traîné et diffusé aux quatre coins du Québec et de l’Amérique du Nord au volant de son vieux Lulu - un Dodge Dart 1974 -, Sébastien Blais, maître raconteur, nous déballe sous forme de divers souvenirs et anecdotes, les plus beaux faits d’armes de son vieux char mythique. Compagnon de voyage et de déroute, lieu de rencontre, afficheur, outil artistique et parfois même cinéma roulant, Lulu devient un personnage indestructible autour duquel son poète conducteur allie rutilantes aventures et morceaux de notre histoire collective du nord de l’Amérique.

 

250 exemplaires

Illustrations de Patrick Lamoureux

Lulu machine - auto fiction, Sébastien Blais, Montréal, Les Éditions Rodrigol, 2012, 108 p.

ISBN 978-2-923617-12-1

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Extrait :

Je roule sur l’autoroute de l’Acier. Mon char est un vieux cancer qui tombe en ruine sous mes pieds. Je peux voir défiler dans un trou sur le plancher, l’asphalte rongé par des gros nids-de-poule bien défoncés. Je circule dans l’édicule du ridicule Lulu, le Dodge Dart Custom 1974 de mon grand-père Lucien dont j’ai hérité à sa mort, il y a une douzaine d’années. Son moteur est encore tenace, mais sa carcasse rouillée est sur le bord de s’écrouler sur le pavée. Je suis le grand dadais de Blais, un personnage qui se la joue depuis belle lurette, poète. C’est le meilleur titre que j’ai pu me trouver pour prendre la vie aussi mollo que mes responsabilités de grand nigaud. L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt comme le dit si bien mon paternel ponctuel avec sa ritournelle sur la politesse des rois. Moi je suis leur bouffon qui sort du lit toujours en retard. Je suis une sorte de bon à rien aux yeux de ce père exemplaire. Je ne possède pas grand-chose dans la vie à part ma voiture délabrée et des longs mots de grand parleur petit faiseur. Semblable à ma poésie de façade, je n’ai pas beaucoup investi dans mon char Lulu. Sa santé physique se détériore aussi vite que nos routes mal entretenues. Mon héritage poétique se trouve comme le bitume sous l’hurluberlu machin Lulu, en très mauvais état.